Le président du Conseil national économique, social et environnemental (CNESE), Rédha Tir, a insisté, mardi à partir de Tipasa, sur l’impératif d’un diagnostic minutieux et permanent pour le traitement des comportements négatifs relatifs aux risques majeurs. "Nous œuvrons, en vue d’engager ce type d’initiatives avec l’implication d’experts de haut niveau, pour l’étude des comportements sociaux, ayant généralement un impact négatif aux plans socioéconomique et environnemental", a indiqué Reda Tir à l’ouverture d’une journée d’étude sur "la prévention des risques majeurs, et leur impact sur la vie socioéconomique", organisée, par le CNESE, à l’Ecole nationale supérieure de management de Koléa (Tipasa). Le groupe de réflexion sur le comportement, créé par le CNESE, s’attelle, a-t-il ajouté, "à l’examen du comportement de la société face aux risques majeurs (naturels ou humains), en vue du renforcement de la culture de prévention et de l’adoption des bons réflexes à même de contribuer à la réduction de l’impact de la catastrophe", a souligné le même responsable. Les autorités publiques, les organismes et les entreprises sont, à ce titre, appelés à "procéder régulièrement à un diagnostic minutieux et permanent du comportement et de la réaction de l'Algérien pendant les catastrophes, en vue de les corriger", a-t-il indiqué. Il a souligné l’intérêt de diagnostiquer les comportements négatifs et déviants généralement guidés par l’émotion et les élans de solidarité "privilégiant l’aspect humain sur le préventif" et qui requiert de ce fait "une correction avec l’implication de tous les acteurs concernés", a estimé M. Tir. "Le CNESE veille à prévenir les risques par l’introduction de recommandations aux autorités publiques, dans le but de remédier aux insuffisances", a-t-il observé, relevant que l’Algérie, qui est un pays-continent, est menacée par d’autres risques (en plus des catastrophes naturelles), relatifs aux sites sensibles, comme les ports et les zones abritant les industries hydrocarbures. A cela s’ajoute, d’autres risques majeurs liés au danger d’un arrêt des systèmes informatiques et leur impact sur la vie des citoyens, car le monde d’aujourd’hui est dépendant des technologies de l’information et de la communication (TIC), a assuré Réda Tir. "Un véritable danger menace les systèmes informatiques, qui peuvent s’effondrer à tout moment", a-t-il averti, soulignant l’impératif d’une réflexion pour "faire face à ce type de catastrophes et amener le citoyen à réagir positivement en cas de pareille situation". L’autre axe pouvant aider à la correction du comportement des citoyens algériens est lié à l’ancrage de la culture de l’assurance contre les différents risques, dont les séismes, les inondations et le vol. Le président du CNESE a appelé, à cet effet, les entreprises d’assurances à s’adapter avec la réalité du terrain, et à l’ancrage de cette culture chez le citoyen par l’adoption de plans de communication efficients, et la baisse des prix de leurs prestations de manière à les rendre plus attractives. "Je suis convaincu que le changement espéré ne peut être effectif sans le traitement des comportements négatifs dans la société et la valorisation des comportements positifs", a-t-il affirmé. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre d'une série de réunions axées sur l’aspect comportemental et sociologique, visant l’introduction d’un modèle de gouvernance social et économique. Outre des représentants de la société civile et de nombreux départements ministériels concernés, des experts dans la gestion des risques majeurs ont pris part à cette rencontre, qui a abordé de nombreux thèmes liés au gaspillage, l’économie d’énergie, la lutte contre la corruption, les accidents de la route, le réflexe de l’assurance chez le citoyen, et la protection du consommateur. D’autres journées d’études similaires sont programmées tous les 15 jours, selon M.Tir, avec au menu, la protection de la propriété culturelle et intellectuelle, l’évasion fiscale, et la protection de l’environnement, entre autres. Une grande importance est accordée au thème de la protection de l’environnement, axe ajouté aux missions du CNESE dans le projet de révision constitutionnelle, qui sera soumis au référendum du 1 novembre prochain, a-t-il souligné (APS)