Date de publication: 11/07/2020 | Auteur(s): Administrator | Tags: Divers | Visites: 8

NEW YORK (Nations unies), 11 juil 2020 (APS) - Le Conseil de sécurité de

l'ONU a rejeté vendredi un projet de résolution russe sur une réduction de

l'aide humanitaire transfrontalière en Syrie.

Selon des diplomates, ce projet de résolution prévoyant la suppression

d'un point d'accès en Syrie a recueilli 4 voix pour (Russie, Chine,

Vietnam, Afrique du Sud), 7 contre (Etats-Unis, Royaume-Uni, France,

Allemagne, Belgique, Estonie, République dominicaine) et quatre abstentions

(Indonésie, Tunisie, Niger, Saint-Vincent et les Grenadines).

Un précédent vote dans la journée sur un projet de résolution cette fois

de l'Allemagne et de la Belgique s'était conclu par un nouveau double veto

- le deuxième en trois jours - de la Russie et de la Chine, illustrant la

profonde division du Conseil de sécurité.

L'autorisation transfrontalière de l'ONU, qui permet d'acheminer de l'aide

à la population syrienne sans l'aval de Damas, existe depuis 2014 et expire ce vendredi.

Le dispositif s'appuie sur deux points d'entrée dans le nord-ouest de la

Syrie, sur la frontière turque: à Bab al-Salam, menant à la région d'Alep,

et à Bab al-Hawa, desservant la région d'Idleb où vivent près de quatre millions de Syriens.

La Russie, qui juge que ce mécanisme empiète sur la souveraineté de la

Syrie , veut supprimer le point d'entrée de Bab al-Salam, avançant qu'il

est bien moins utilisé que celui de Bab al-Hawa.

Jusqu'à présent, les Occidentaux refusent et veulent conserver deux accès.

En janvier, Moscou avait déjà réussi à imposer à l'ONU de réduire

fortement le dispositif, de quatre à deux points de passage frontalier et

pour six mois contre un an depuis sa création.

Au total, le Conseil de sécurité a enchaîné depuis le début de la semaine

cinq scrutins sur ce sujet de l'autorisation transfrontalière en Syrie,

sans parvenir à une solution.

Vendredi, l'Allemagne et la Belgique ont mis sur la table du Conseil un

nouveau projet qui prévoit de maintenir le point de passage de Bab al-Hawa

pour un an et celui de Bab al-Salam pour seulement trois mois.

Les deux membres non permanents, en charge du volet humanitaire du dossier

syrien à l'ONU, pourraient demander prochainement un vote au Conseil,

éventuellement avec des amendements au texte, selon ces sources.

Pour l'ONU, maintenir le plus possible de points de passage est crucial,

surtout face au risque de la pandémie de Covid-19 qui gagne la région.

En juin, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait réclamé

dans un rapport le prolongement du dispositif transfrontalier pour un an en

incluant les deux points d'accès actuels.(APS)