Date de publication: 29/07/2020 | Auteur(s): Administrator | Tags: Divers | Visites: 24

Les sombres pronostics des organismes internationaux pour l’avenir économique et social de l’Algérie

29-07-2020

L’instabilité politique et le sous-développement économique de l’Algérie inquiète fortement les organismes internationaux qui pronostiquent ces derniers jours un sombre avenir social et économique à notre pays. Plusieurs ONG, institutions ou Think Thank réputés à travers le monde ne cessent d’alerter sur la situation préoccupante de l’Algérie, source de dangers multiples pour toute la région de la Méditerranée et l’Afrique du Nord.  

La très influente et célèbre ONG basée à Bruxelles l’International Crisis Group (ICG), spécialisée dans la prévention et la résolution des conflits meurtriers grâce à un travail de recherche sur le terrain, des analyses et des recommandations indépendante, a tiré la première la sonnette d’alarme  dans une importante étude géostratégique sur la situation politique et économique actuelle en Algérie. Dans ce rapport de conjoncture publié le 23 juillet dernier, l’International Crisis Group (ICG) met en très sévèrement en garde contre les conséquences politiques fâcheuses pour l’Algérie d’une détérioration de la situation économique du pays.

Dans son rapport, l’ICG prend bien le soin de souligner que “pour le moment, l’absence d’endettement extérieur montre que l’Etat algérien dispose d’une certaine marge de manœuvre financière”. Partant de constat, l’ICG estime que le scénario libanais d’un défaut de paiement assorti d’une chute de la valeur de la monnaie nationale est encore “peu probable à court terme” en Algérie. Cependant, “l’Algérie risque néanmoins d’être rapidement contrainte de laisser sa monnaie se déprécier et de recourir à l’endettement extérieur”, analysent les experts de l’ICG réputé pour son personnel hautement qualifié, agissant en tant qu’yeux et oreilles du monde face à l’imminence de conflits, et fort aussi d’un conseil d’administration jouissant d’une grande influence et capable de mobiliser une action efficace de la part des décideurs politiques du monde entier.

L’ICG a prévenu ainsi qu’à l’horizon 2023, “la sécurité alimentaire et sociale minimale ne serait plus assurée, ce que le gouvernement cherchera à éviter”. L’avenir ne s’annonce donc pas radieux. Après l’ICG, c’estle cabinet britannique d’analyse et de gestion de risques Verisk Maplecroft qui classe l’Algérie parmi les 37 pays exposés à des troubles sociaux majeurs avant la fin de l’année. Les raisons invoquées: le chômage et la mal vie occasionnés par le Covid-19.

Maplecroft est une société mondiale de conseil en risques et en stratégie basée à Bath, au Royaume-Uni. Son travail comprend l’analyse des principaux risques politiques, économiques, sociaux et environnementaux affectant les entreprises et les investisseurs mondiaux. C’est une référence mondiale dans son domaine. Et pour ce cabinet britannique, l’Algérie pourrait être facilement en proie à des manifestations populaires de masse dans les prochains mois.

Plusieurs autres institutions internationales ne cessent de souligner la fragilité inquiétante de l’Algérie. Une fragilité qui pourrait provoquer sa chute dans une spirale de problèmes très dangereux pour son avenir.  Le 16 avril 2020, la Banque Mondiale a publié une note de conjoncture dans laquelle elle analyse les risques élevés d’une faillite économique en Algérie. “L’Algérie doit faire face à un choc provoqué à la fois par une baisse de moitié des prix du pétrole, une crise de santé publique et les conséquences des bouleversements économiques à l’échelle mondiale à la suite de l’épidémie de COVID-19”, a estimé la Banque Mondiale.

“A 30 dollars le baril de pétrole en 2020, les recettes budgétaires totales de l’Algérie diminueraient de 21,2 %. Malgré la réduction des investissements publics (-9,7 %) et de la consommation publique (-1,6 %) prévue par la loi de Finances pour 2020, le déficit budgétaire augmenterait pour s’établir à 16,3 % du PIB. Parallèlement, la baisse importante des recettes l’exportation (-51 %) entraînera un creusement du déficit commercial qui s’élèvera à 18,2 % du PIB et une détérioration du déficit du compte courant qui atteindra le niveau record de 18,8 % du PIB en 2020, malgré les mesures prises pour limiter les importations et circonscrire les effets de la faible demande intérieure. Les prévisions actuelles tablent sur une contraction du PIB de 3 %, ce qui correspond à un recul de la consommation et l’investissement privés, ainsi qu’à la chute des investissements publics, qui représentent 44 % de la totalité des investissements. Les mesures visant à endiguer la crise de COVID-19 comme la restriction des déplacements et des rassemblements, auxquelles s’ajoutent les fortes incertitudes économiques, décourageront la consommation et l’investissement privés”, avait souligné la Banque Mondiale.

Face à ces mises en garde, le régime algérien fait la sourde oreille et fait croire à l’opinion publique internationale et nationale qu’il maîtrise la situation. Un déni de la réalité qui risque d’aggraver le danger. Une inconscience qui fait peur, vraiment peur.

Les révélations d’Anouar Malek sur le complot de Rachad contre l’Algérie

29-07-2020

Pat Nabil D. – Anouar Malek a compris le jeu malsain auquel s’adonne le mouvement Rachad qui, à partir de Londres, Paris, Genève et Istanbul mène une campagne de déstabilisation de l’Algérie. L’ancien membre démissionnaire de la commission d’observation dépêchée en Syrie au lendemain du déclenchement de la guerre civile dans ce pays, où la Turquie a semé la chaos et la désolation, a appelé, dans un enregistrement vidéo, les jeunes Algériens à ne pas céder au chant des sirènes comme leurs prédécesseurs au début des années 1990.

«Beaucoup de jeunes nés dans les années 2000 ont été trompés par ces gens-là. Ces jeunes n’ont pas vécu les tragédies et les crimes commis par le GIA (Groupe islamiste armé, ndlr). Le GIA, que ce soit du temps d’Antar Zouabri, de Djamel Zitouni, de Cherif Gousmi, de Djafar Al-Afghani et de tous les chefs terroristes de leur engeance, violaient les domiciles des Algériens et tuaient les enfants du peuple algérien», a rappelé cet ancien officier de l’ANP. «Ils (les terroristes islamistes, ndlr) s’attaquaient à des cibles qui avaient pour mission de défendre le pays, tuant des appelés du Service national et égorgeant des citoyens civils», s’est indigné Anouar Malek, en dénonçant vigoureusement les membres de Rachad qui qualifient ces actes criminels de «résistance».

Anouar Malek, qui maîtrise le dossier de la nébuleuse terroriste islamiste, a indiqué que Djamel Zitouni, le chef du GIA auteur de l’assassinat abject des moines de Tibhirine, en mai 1996, est derrière la liquidation d’un grand nombre de terroristes pour les avoir suspecté d’être des «agents secrets infiltrés». «Alléguer que les services secrets auraient placé Djamel Zitouni à la tête du GIA avant de le liquider est une ineptie», a-t-il fait remarquer, en expliquant que cette guerre qui a éclaté entre les différents groupes islamistes armés était due à un «changement dans la doctrine» qui a poussé les plus radicaux à «se débarrasser de certains dirigeants du FIS, en considérant que la participation à la vie démocratique était une hérésie, hormis la guerre de leadership qui a détruit ces groupes de l’intérieur».

«C’est cette même guerre de leadership qui a sabordé le Hirak», a encore affirmé Anouar Malek, car ceux qui l’ont phagocyté ont tout fait pour qu’il ne soit pas représenté par crainte de «perdre leur mainmise sur le mouvement de contestation populaire, ainsi que leurs acquis et l’impact de leur discours [sur la rue]», a-t-il précisé, en accusant Rachad de «provocation» et d’«incitation à la violence». L’orateur a rappelé les propos de Larbi Zitout qui a considéré le recours aux armes, dans une de ses interventions, comme «un acte de légitime défense», tout comme l’avait déclaré Ali Benhadj au début des années 1990. «Leur but est de pousser au pourrissement de la situation de sorte à provoquer des dérapages pour justifier cette légitime défense et la constitution de groupes armés», a relevé Anouar Malek, selon lequel Rachad «profite de la situation chaotique en Libye pour, espère-t-il, obtenir des armes à partir de ce pays».

N. D.

Science vs religion: Alger maintient le sacrifice du mouton de l’Aïd el-Kébir en dépit de l’avis de médecins

Kamal Louadj. Sputnik France

29-07-2020

«La commission de la Fatwa a tranché sur un sujet qui a suscité une grande polémique en maintenant le rituel de l’Aïd el-Kébir», a affirmé le ministre algérien des Affaires religieuses et des Waqfs, soulignant que le Comité scientifique Covid-19 a été consulté. Deux appels avaient été lancés par des médecins pour l’annulation de ce rituel.

En dépit des appels lancés les 18 et 27 juillet aux Algériens par deux collectifs de professeurs en médecine, aux premières loges dans la lutte contre l’épidémie du Covid-19, pour renoncer au sacrifice du mouton de l’Aïd el-Kébir à cause du haut risque de contagion, le ministre des Affaires religieuses et des Waqfs, Youcef Belmahdi, a réaffirmé mardi 28 juillet sur les ondes de la Chaîne 1 de la Radio nationale algérienne son soutien à la commission nationale de la Fatwa qui a opté pour le maintien de ce rituel.

«La commission de la Fatwa [avis jurisprudentiel religieux, ndlr] a tranché sur un sujet qui a suscité une grande polémique en maintenant le rituel de l’Aïd el-Kébir», a déclaré le ministre.

Bien que d’un point de vue religieux ce rituel ne soit pas obligatoire et que parmi les professeurs de médicine signataires de l’appel du 27 juillet figurent deux membres du Comité scientifique en charge du suivi de l’épidémie du coronavirus, M.Belmehdi a affirmé que «le retard qu’a pris la commission [de la Fatwa, ndlr] pour émettre son avis sur la question est dû à son souci de collecter toutes les informations de la part du Comité scientifique chargé du suivi du Covid-19».

Ainsi, Youcef Belmahdi a souligné que la commission de la Fatwa a rendu son verdict en concertation avec le Comité scientifique de surveillance de l’épidémie du Covid-19. «Nous avons essayé de sortir avec un avis qui puisse constituer un consensus, tant du point de vue religieux que scientifique», a-t-il soutenu.

Par ailleurs, le responsable a suggéré aux Algériens de sacrifier leurs bêtes dans les abattoirs agréés par l’État dans le cadre d’un respect scrupuleux des consignes d’hygiène sanitaires afin de minimiser au maximum le risque de contagion.

L’appel des experts de la Santé

Mardi 27 juillet, un collectif de professeurs de médecine, dont trois épidémiologistes et deux membres du Comité scientifique, ont signé un communiqué appelant les Algériens à renoncer cette année au sacrifice de l’Aïd el-Kébir à cause du risque grandissant de contagion, a rapporté le site d’information Tout Sur l’Algérie (TSA).

En effet, dans un contexte de résurgence de la maladie dans le pays, ces médecins ont rappelé que «les données du ministère de la Santé […] tendent à démontrer quotidiennement une alarmante persistance de la circulation du virus au sein de la population».

Selon ces professeurs, «les regroupements créés par les événements à caractère familial (mariages, funérailles…) ou religieux (l’Aïd el-Fitr) ont été pointés comme facteurs directement responsables de la flambée épidémique, anéantissant tous les efforts et sacrifices consentis depuis le début de la riposte».

Enfin, ils ont mis l’accent sur le fait que tout relâchement sanitaire «compliquerait singulièrement la riposte et annihilerait tous les efforts d’endiguement entrepris jusque-là».

Le dernier état des lieux

Le maintien du sacrifice du mouton intervient alors que le corps médical est dans un état d’épuisement et de démoralisation, selon certains experts. En effet, dans une déclaration faite dimanche 26 juillet à la Chaîne 3 de la Radio nationale algérienne, le président du Syndicat national des praticiens de santé publique (SNPSP), le Pr Lyes Merabet, a fait état «de 80 morts et plus de 3.500 infectés» confirmés parmi les personnels soignants.

Le mardi 28 juillet, le Pr Djamel Fourar, porte-parole du Comité scientifique, a fait état lors d’un point presse de 642 nouveaux cas de contamination. Il a souligné que le total des cas confirmés depuis le début de la maladie en Algérie s'élevait à 28.615, soit 1,5 pour 100.000 habitants, dont 1.174 décès et 19.233 guérisons.

Covid-19 : un spécialiste anticipe une 2e vague en Algérie

Par: Riyad Hamadi 29 Juil. 2020 à 08:00

Pr Salah Lellou, chef du service de pneumologie de l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) d’Oran, se dit « persuadé » que l’Algérie enregistrera une deuxième vague de la pandémie de Covid-19 quinze jours après la fête de l’Aïd el-Adha qui sera célébrée ce vendredi 31 juillet.

« Je suis persuadé qu’il y aura une deuxième vague, surtout avec l’Aïd qui risque d’être la cause d’une reprise des cas de Covid-19 deux semaines après, comme on l’a constaté pour l’Aïd el-Fitr. Espérons que cette fois-ci, les gens vont vraiment prendre toutes les précautions possibles et respecter les gestes barrières pour éviter qu’il y ait un rebond », dit-il.

« Puisque la tradition du sacrifice est maintenue, ça va entraîner une agglutination de monde autour du mouton et probablement des visites interfamiliales. Encore une fois, on demande et on redemande de respecter les gestes barrières. Il ne faut pas que ce qu’on a eu après l’Aïd el-Fitr se répète. On sait que l’Aïd el-Adha est une fête plus importante, donc il y a un risque. J’espère que les citoyens seront conscients de ce risque et que cette fois-ci, ils respecteront les gestes barrières que tout le monde connaît maintenant », insiste-t-il.

Pic de la pandémie

Le professeur estime qu’on a peut-être atteint le pic de la pandémie en ce mois de juillet « puisque les chiffres sont pratiquement les mêmes depuis une semaine » et espère que la courbe va « redescendre » et que « même s’il y aura une deuxième vague, elle sera moindre ».

Il dit aussi qu’il y a une recrudescence des cas qui sont relativement plus sévères et qui nécessitent de l’oxygène : « Nous avons beaucoup de patients qui occupent des lits surtout pour recevoir de l’oxygène. C’est vrai qu’ils reçoivent le traitement qu’on a l’habitude de donner, mais les services des soins intensifs sont complets. On a aussi remarqué qu’il y a beaucoup de personnes du corps de la santé qui sont atteints. »

A propos des personnels de la santé atteints, le Pr Lellou révèle que plus de trente ont été hospitalisés rien que dans son service.

CHU Mustapha : des médecins réclament la prime Covid-19 - Algerie360

29-07-2020

Plusieurs dizaines de médecins résidents au CHU Mustapha Bacha à Alger ont organisé hier un sit-in à l’enceinte de l’établissement afin de réclamer le versement de la prime exceptionnelle dédiée aux personnels de santé publique.

Les médecins ont également défilé dans les allées du centre hospitalo-universitaire, avent de se rendre devant le siège de l’administration dans l’espoir d’une rencontre avec le directeur de l’établissement.

Pour rappel, le chef de l’État Abdelmadjid Tebboune avait annoncé, vers la fin du mois de mars dernier, l’octroi d’une prime exceptionnelle au profit des personnels des établissements publics de santé. Les personnels concernés sont ceux mobilisés dans le cadre de la prévention et de la lutte contre la propagation du coronavirus.

Interview – Roberto Caporale : «L’Algérie devance l’Italie en termes d’influence»

29-07-2020

Le professeur Roberto Caporale, économiste de renom et fin analyste, est une référence en Italie. Il a longtemps travaillé dans des institutions bancaires internationales et occupé des postes de direction dans les plus grandes entreprises publiques italiennes. Eminent expert de géopolitique, ses conférences affichent toujours salle comble.

Ces dernières années, il a été conseiller du ministre de l’Economie et au cabinet du Premier ministre. Il a publié de nombreux livres et des centaines d’articles sur l’économie, la politique et les relations internationales. Il exerce des activités de conseiller senior à l’international. Son dernier livre Exeunt-Brexit et la Fin de l’Europe, avec une introduction de Paolo Savona, ancien ministre de l’Industrie, a été un succès remarquable.

Saisissant l’occasion d’un colloque consacré à l’économie italienne, nous lui avons soumis les questions d’Algeriepatriotique et l’avons invité à parcourir, pour nos lecteurs, l’actualité, tant bilatérale qu’internationale.

Algeriepatriotique : Professeur, le scénario géopolitique actuel est caractérisé par une instabilité et des changements rapides. L’Union européenne semble faire des progrès décisifs, le Covid-19 a soulevé des questionnements historiques. Comment évolue l’Italie dans un contexte si complexe ?

Professeur Roberto Caporale : En fait, il y a une grande instabilité comme jamais auparavant, l’accélération que la mondialisation a amenée, y compris dans la propagation de phénomènes –pensez à celui du virus, etc. – et dans l’universalité de leurs conséquences est un fait concret. En cela, vous avez raison. Cependant, il y a aussi beaucoup de confusion et d’idéologie dans l’interprétation de ce qui se passe.

Prenons l’Europe. Par exemple, les développements récents du Conseil européen et le lancement du Fonds de relance. Il s’agit d’une opération inédite : 750 milliards d’euros, dont 390 milliards de transferts non remboursables. Il s’agit d’une dérogation substantielle du budget central de l’Union européenne et, sans aucun doute, d’une institutionnalisation saine, je dirais même indispensable, des mécanismes de solidarité économique au sein de la zone euro, qui est notoirement une zone monétaire sous-optimale.

Mais à y regarder de plus près, il faut aussi dire qu’il s’agissait d’une décision prise dans une logique plus confédérale que fédérale. C’est-à-dire, dans le cadre d’un exercice diplomatique dans lequel les Etats nationaux pèsent et font peser leurs forces relatives et leurs intérêts nationaux pour arbitrer et résoudre les problèmes qu’ils ont en commun. Ce sont donc les Etats qui ont décidé et non pas la Commission.

De la même manière, la mise en œuvre de l’accord sera essentiellement de nature confédérale, en raison du futur «frein d’urgence», donc d’un droit de veto que l’accord lui-même attribue à chaque Etat membre, bien qu’avec des procédures complexes.

Il s’agit donc de «plus d’Europe», certes, mais pas vraiment et pas entièrement dans le sens de ceux qui voient dans l’union centralisée actuelle la solution à tous les problèmes continentaux.

Mais, à travers ce scénario au niveau mondial, le Covid-19 va-t-il changer le monde que nous sommes habitués à vivre ?

La pandémie a eu et aura un impact énorme sur la vie des individus et les systèmes économiques. Il a également fait ressortir des qualités inattendues ou sous-évaluées du soi-disant «capital humain» qui fait des nations ce qu’elles sont. Pensez au respect substantiel des règles dans la phase du pic infectieux qui a été relevé un peu partout dans le monde !

Le Covid-19 a également fait émerger une très grande demande d’intervention publique et de cohésion sociale, qui était prête à se manifester depuis un certain temps, en raison des déséquilibres économiques et sociaux créés par la mondialisation. Cependant, la mondialisation n’est pas «démocratique» et les conséquences du Covid-19 n’affectent pas tous de la même manière.

S’il semble que le «monde» est à genoux et qu’il est surprenant de voir sa fragilité, en réalité, les individus, les territoires, les secteurs industriels souffrent de manière très différente. Pensez au saut technologique que nous avons réalisé : une récente étude de McKinsey estime qu’en huit semaines de pandémie la numérisation du marché a subi une évolution de trois ans.

Oui, mais où ? Et pour qui ?

Les effets de la pandémie se sont d’abord manifestés par un choc asymétrique du côté de l’offre, inhibant progressivement la capacité de production des territoires en fonction de la contagion. Ce choc s’est ensuite déplacé du côté de la demande intérieure des économies individuelles en tant que revenu disponible plus faible. Mais ce sont les secteurs productifs et les territoires qui sont la clé pour mieux comprendre leur portée, leurs conséquences, et pour intervenir avec des outils adaptés. Et ces interventions ne sont efficaces que localement et au sein d’un système de solidarité.

C’est aussi pour toutes ces raisons que je ne pense pas, personnellement, que les effets de la pandémie produiront un monde radicalement différent du monde actuel, dans lequel le manque hypothétique de leadership mondial conduit à une augmentation des conflits et à la fin de l’ordre libéral international, ou à la fin de la mondialisation avec le retour des Etats-nations.

Au contraire, je pense que cette crise mondiale, comme les précédentes crises systémiques de l’histoire, consolidera les tendances déjà en place dans la politique internationale, faisant émerger de nouvelles visions des espaces politiques. Cela se fera autour d’une dialectique entre souveraineté et territoire, qui a toujours existé et continuera d’exister.

Mais le retour à une conception territoriale de l’espace politique n’est pas un phénomène destructeur, car les «espaces» territoriaux ne sont plus seulement nationaux ou matériels. L’identité et la décision politique n’impliquent pas nécessairement l’hostilité. Pensez à la technologie, à la sécurité, à la migration. Un ordre mondial est basé sur des blocs régionaux interconnectés. Quid de la grande région méditerranéenne ?

Précisément, la Méditerranée, berçant tant l’Algérie que l’Italie, deux pays qui veulent tourner la page de la pandémie. La presse italienne fait état d’initiatives qui seraient à l’étude visant à encourager les échanges extra-hydrocarbures et diversifier ainsi nos échanges commerciaux. Quelles sont les principales orientations à entreprendre et à développer, selon vous ?

Je dirais que, pour tourner la page, la première chose à faire pour les deux pays est de consolider leur prise de conscience. Plus clairement, de s’assumer comme des puissances régionales et de jouer pleinement ce rôle sur les plans continental et méditerranéen. Un processus dans lequel l’Algérie devance l’Italie qui, depuis au moins deux décennies, subit un assombrissement progressif de son influence, avec une brutale accélération depuis la crise libyenne.

Il y a un parallélisme singulier dans la double nature de nos pays : l’Italie européenne et méditerranéenne ; l’Algérie méditerranéenne et africaine. Alpes et Atlas : la géographie expliquant l’histoire. C’est à partir de cette prise de conscience, ainsi que de l’extraordinaire base d’amitié et du solide partenariat stratégique qu’il est nécessaire de commencer à étendre la collaboration, le commerce et les investissements aux secteurs non énergétiques.

L’Algérie et l’Italie sont toutes deux dans une phase économique complexe. L’Italie, pour les effets du Covid-19 sur son système économique, un impact assez asymétrique par rapport à ses partenaires européens. L’Algérie pour les effets de la pandémie sur son système de santé qui s’ajoutent à la morosité due à l’effondrement des prix du pétrole et aux délicats changements politico-institutionnels qu’elle compte porter à terme.

Cela dit, les crises sont aussi des opportunités. L’Italie est déjà le troisième partenaire commercial de l’Algérie. Son troisième fournisseur et premier client. Evidemment, les hydrocarbures saturent la Bourse, mais le potentiel commercial et d’investissement est énorme.

L’Algérie est un pays immense et jeune. 50% de la population ont moins de 30 ans. Un marché extrêmement important pour les entreprises italiennes. Je pense au secteur de la construction, bien sûr, mais aussi à la mécanique, aux machines industrielles, à la chimie, au secteur de la santé, à l’agriculture. En Algérie, il y a environ 9 millions d’hectares cultivables, un chiffre pertinent si l’on considère la conformation du territoire. L’Italie, avec sa géographie heureuse, en compte environ 12 millions. Les marges d’augmentation de la productivité agricole algérienne sont énormes. Pensez à l’impact que cela peut avoir et aux nouvelles technologies dans le secteur !

A propos de technologies, un programme d’investissements dans l’innovation technologique est sur le point d’être lancé, avec les start-up des jeunes des deux pays comme fers de lance…

C’est un projet ambitieux et résolument tourné vers l’avenir. J’espère qu’il sera mis sur les rails dans les mois à venir. Ces programmes ont été ralentis par la pandémie, mais mon vœu est que ce retard sera vite rattrapé. L’idée de base est de créer une synergie entre les systèmes. L’Algérie a un bon système éducatif en termes absolus. Elle peut offrir du personnel qualifié à des coûts compétitifs et bénéficier d’une retombée technologique qui aurait également un impact social important et positif.

Evidemment, pour attirer les investissements, et surtout les talents, il faut travailler sur l’environnement des affaires et, en général, sur la qualité de vie.

L’Algérie demande à l’Italie plus d’investissements et plus de projets d’infrastructures mixtes. L’Italie peut-elle devenir le partenaire synergique de notre économie – je pense à l’agriculture, aux PME et aux infrastructures hôtelières ?

En réalité, c’est déjà le cas. Mais nous devons passer à une vitesse supérieure pour exploiter l’énorme potentiel d’amitié et d’intérêt partagé de nos deux nations. Dans le secteur du tourisme, l’Algérie est une «belle endormie» et l’Italie a le savoir-faire et les opérateurs pour la réveiller.

En parlant d’économie, quels sont les points que le gouvernement algérien doit privilégier pour relancer l’économie et améliorer ses fondamentaux macro-économiques ?

Le gouvernement algérien a fait preuve de courage et de détermination en matière de politique budgétaire. Je pense que, compte tenu de la situation économique et de la stagnation prévisible du marché des hydrocarbures, une politique économique prudente est inévitable. Les réserves de change ont subi une contraction importante, mais l’endettement est faible et il n’y a pas de dette extérieure. Les fondamentaux tiennent donc.

A mon avis, il est nécessaire de se concentrer sur la capacité de croissance autopropulsée. Agir sur la compétitivité, réduire les risques opérationnels, la liberté économique. Une réforme fiscale et une modernisation de l’administration publique seraient deux leviers décisifs. La formation est également centrale. Tous les domaines où l’expérience italienne et, à certains égards, la nature similaire des problèmes historiquement critiques dans les entreprises respectives rendent certainement la collaboration très productive.

Rome et Alger luttent contre le terrorisme, les migrations hors contrôle et les implications de la guerre commerciale sino-américaine sur l’économie mondiale. Peut-on espérer un rôle spécifique pour les deux pays dans la Méditerranée ?

Que la sécurité transatlantique et la sécurité méditerranéenne soient étroitement liées est un fait qui n’a jamais été mis en discussion. Dans le contexte actuel, l’Algérie est un acteur central qui joue un rôle décisif et de liaison avec le Maghreb, le Sahel et, en général, le continent africain et le Moyen-Orient. Pour des raisons stratégiques, son partenariat stratégique avec l’Italie a toujours été très solide et ne peut qu’être renforcé. La coopération dans le domaine de la sécurité est excellente.

L’Italie, quant à elle, a toujours fait de l’ouverture au commerce et à la mer sa principale force.

La polarisation du système international est désormais inévitable, et c’est dans ce scénario complexe que l’Algérie et l’Italie vont devoir rechercher un équilibre entre les raisons de l’entreprise et celles de leur posture internationale. On peut croire qu’une plus grande intégration entre les deux économies rendra cet objectif plus facile à atteindre.