Date de publication: 23/07/2026 | Visites: 58

Le Conseil National Économique, Social et Environnemental (CNESE) a organisé, mercredi 22 juillet 2026, une conférence-débat de haut niveau consacrée au « Projet du siècle : la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset », au siège de l'École Nationale d'Administration (ENA). Les travaux ont été ouverts par le Président du Conseil, le Professeur Mohamed Boukhari, en présence du Conseiller auprès du Président de la République chargé des Affaires économiques, le professeur Farid Kourtel, de Madame la Ministre, Haut-Commissaire à la Numérisation, Mme Meriem Benmouloud, du Directeur général des Douanes, le Général-Major Abdelhafid Bakhouche, du Président de l'Académie algérienne des sciences et des technologies, le Professeur Mohamed Hichem Kara, du Directeur général de l'École Nationale d'Administration, Le Professeur Abdelmalek Mezhouda, ainsi que des représentants de plusieurs ministères, institutions publiques, entreprises nationales, d'experts, d'universitaires et des représentants de la société civile.

Cette conférence-débat a été consacrée à l'examen des différentes dimensions du projet de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset, considéré comme un projet national stratégique s'inscrivant dans la vision de développement visant à renforcer l'intégration nationale et l'ouverture sur la profondeur africaine. L'approche retenue a réuni des représentants des pouvoirs publics, des institutions nationales, des experts et des universitaires afin d'identifier les conditions de réussite du projet et de maximiser ses retombées économiques, sociales, environnementales, logistiques et géostratégiques.

Dans son allocution d'ouverture, le Président du CNESE, le Professeur Mohamed Boukhari, a souligné que cette conférence-débat consacrée au « Projet du siècle », à savoir la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset, porte sur un projet national stratégique dont la portée dépasse la simple réalisation d'une infrastructure majeure. Il incarne une vision structurante destinée à créer un espace de développement intégré, au service de la cohésion nationale et de la coopération africaine.

Il a rappelé que les expériences internationales démontrent que les grands projets d'infrastructures ne constituent pas uniquement des réalisations techniques, mais représentent des choix stratégiques qui redessinent la géographie économique des États et ouvrent la voie à de nouvelles étapes de croissance et de développement. Les routes, les chemins de fer, les ports et les corridors logistiques ont, à travers l'histoire, constitué des leviers essentiels des transformations économiques, du renforcement de l'intégration nationale et de l'ouverture de nouvelles perspectives de développement.

Le Président du Conseil a ajouté que de tels projets traduisent la conviction selon laquelle la géographie n'est pas une donnée figée, mais un atout stratégique pouvant être mobilisé au service du développement et de l'anticipation des mutations économiques et géopolitiques accélérées que connaît le monde. Dans un contexte marqué par l'évolution rapide des chaînes d'approvisionnement mondiales, des corridors commerciaux et des réseaux de connectivité régionale, les infrastructures stratégiques sont devenues un facteur déterminant de la compétitivité des États, de la consolidation de leur avenir économique, du renforcement de leur souveraineté et de leur positionnement dans les échanges régionaux et continentaux.

Il a indiqué que le projet de la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset s'inscrit pleinement dans cette dynamique en tant que projet structurant traduisant la vision profonde, intégrée et prospective portée par le Président de la République, Monsieur Abdelmadjid Tebboune, fondée sur le principe selon lequel l'investissement dans les infrastructures constitue avant tout un investissement dans l'avenir du pays, dans sa capacité à assurer un développement durable, à renforcer sa compétitivité et à consolider les fondements de sa souveraineté économique.

Le Professeur Mohamed Boukhari a également insisté sur la responsabilité collective de tous les acteurs pour accompagner cette vision ambitieuse à travers des analyses scientifiques rigoureuses, des propositions concrètes et un dialogue constructif réunissant spécialistes, acteurs institutionnels, universitaires et représentants de la société civile, en soutien à la mise en œuvre de ce projet national stratégique.

Il a précisé que cette conférence-débat vise à enrichir un débat objectif portant sur les différentes dimensions économiques, sociales, environnementales, logistiques et géopolitiques du projet, à identifier les conditions de sa réussite et de la pleine réalisation de ses retombées de développement, ainsi qu'à formuler des recommandations opérationnelles destinées à enrichir les politiques publiques et à soutenir la mise en œuvre du projet.

La conférence-débat a réuni des experts, des universitaires et des responsables exécutifs afin d'examiner les approches stratégiques, techniques, logistiques et institutionnelles nécessaires à la concrétisation de ce corridor continental et à la transformation de la position géographique de l'Algérie en un avantage compétitif structurel au service du développement national et de l'intégration régionale. Les interventions se sont distinguées par leur rigueur scientifique, leur vision prospective et la liberté des échanges, les participants ayant présenté leurs analyses en toute indépendance, dans un climat marqué par la transparence.

Les communications ont été assurées par : le Professeur Youcef Aïbeche, universitaire et chercheur ; M. Abdelhadi Meziani, Directeur général de la Mobilité et de la Logistique au ministère de l'Intérieur, des Collectivités locales et des Transports ; le Professeur Hadj Mohamed Benia, universitaire et chercheur ; le Professeur Farès Boubakour, universitaire et chercheur ; M. Samir Yaïci, vice-président du Conseil du Renouveau Économique Algérien (CREA) ; ainsi que le Professeur Abdelmadjid Gueddi, vice-président du CNESE.

À cette occasion, M. Abdelhadi Meziani a présenté les principales caractéristiques du projet. Il a indiqué que la ligne ferroviaire, d'une longueur de 2 006 kilomètres, est conçue pour accueillir des trains circulant à une vitesse pouvant atteindre 220 km/h. Reliant Alger à Tamanrasset, elle traversera les wilayas de Blida, Médéa, Djelfa, Laghouat, Ghardaïa, El Meniaa et In Salah. Il a précisé que le projet repose sur des tronçons déjà mis en service, d'autres actuellement en cours de réalisation, ainsi que sur des sections dont les études techniques sont achevées.

Les débats ont notamment porté sur la dimension géostratégique et l'aménagement du territoire, considérés comme des leviers permettant à l'Algérie de dépasser l'approche méditerranéenne classique et de renforcer son ancrage africain, en valorisant son avantage géographique et en consacrant Tamanrasset comme un pôle régional reliant le continent africain à l'Europe, dans le cadre d'une diplomatie de réalisation fondée sur la crédibilité et la fiabilité.

La conférence-débat a également examiné la dimension logistique, en soulignant que le projet permettra de réduire le coût du transport des richesses naturelles et des minerais lourds à près du quart du coût du transport routier. Les échanges ont distingué la rentabilité économique du transport des marchandises de la rentabilité sociale du transport des voyageurs, dans une logique de « patience stratégique » favorisant l'émergence de nouveaux pôles urbains et économiques tout au long du tracé.

Sur le plan technique, les discussions ont mis en avant la capacité des compétences nationales à relever les défis liés aux températures extrêmes et à l'ensablement, en s'appuyant sur l'expérience acquise lors de la réalisation de la ligne ferroviaire de Gara Djebilet, illustrant le niveau de maturité atteint par les entreprises nationales dans la conduite des grands projets stratégiques.

Le Professeur Farès Boubakour a souligné que cette infrastructure permettra d'accompagner la transition vers un système de transport davantage fondé sur le rail, améliorant ainsi la performance globale de la logistique nationale. Il a relevé que le transport ferroviaire réduira significativement les coûts d'acheminement des produits miniers, des matériaux lourds, du ciment et des productions agricoles, tout en favorisant le développement du tourisme grâce à une offre de transport plus sûre, plus régulière et plus confortable. Il a également insisté sur la contribution du projet au désenclavement des régions et au renforcement de leur interconnexion.

Le Professeur Youcef Aïbeche a, pour sa part, considéré que cette ligne ferroviaire constitue un nouveau modèle d'aménagement et de développement territorial. Selon lui, elle favorisera l'émergence d'un corridor stratégique générateur de nouvelles dynamiques économiques, contribuera au développement des villes sahariennes, à l'amélioration des services logistiques et au renforcement du développement durable dans les régions du Sud.

Abordant les enjeux économiques du projet, M. Samir Yaïci a estimé que cette infrastructure permettra de réduire les coûts logistiques et les délais d'acheminement des marchandises, qui passeront de plusieurs semaines à quelques jours. Il a souligné que l'amélioration de la fiabilité du transport favorisera la compétitivité des entreprises nationales et facilitera l'accès des produits algériens aux marchés africains.

Les participants ont également abordé les enseignements tirés des expériences internationales ainsi que les attentes des bailleurs de fonds, en mettant l'accent sur la nécessité de garantir une gouvernance stable, un modèle d'exploitation commerciale viable avant la mise en service du projet, ainsi qu'un cadre institutionnel solide intégrant les politiques foncières et d'investissement en amont, tout en sécurisant juridiquement et financièrement le financement de la maintenance dès la phase de conception.

Enfin, le Professeur Abdelmadjid Gueddi a rappelé que les grandes puissances économiques, telles que les États-Unis, la Chine et la Russie, ont fondé une part importante de leur développement sur des investissements massifs dans les réseaux ferroviaires, devenus des infrastructures stratégiques au service de la croissance économique, de l'intégration des territoires et de la connexion des pôles industriels, agricoles et logistiques. Selon lui, ces expériences internationales confirment pleinement la pertinence stratégique du projet Alger–Tamanrasset.

Les échanges ont mis en évidence que cette infrastructure constitue un véritable projet de nation, appelé à reconfigurer la carte économique et démographique de l'Algérie. Les participants ont souligné que son impact dépasse largement la seule dimension des transports, faisant de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset un levier structurant de souveraineté, de développement durable et d'intégration économique, tout en renforçant le rôle du Sahara algérien comme espace de production, d'investissement et d'ouverture vers les marchés africains.

Pour conclure, Les travaux du colloque ont fait ressortir l'importance stratégique du "projet du siècle : la ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset", en tant que projet qui dépasse le concept d'infrastructure traditionnelle pour devenir un levier économique et continental, ainsi qu'un moteur de développement durable et de souveraineté économique à l'échelle africaine.

À l'issue des travaux, le Président du Conseil National Économique, Social et Environnemental a réaffirmé que le projet de la ligne ferroviaire Alger–Tamanrasset constitue une décision stratégique traduisant la volonté de l'Algérie de valoriser pleinement son positionnement géographique et de renforcer son ancrage dans sa profondeur africaine. Il a souligné qu'une gouvernance institutionnelle rigoureuse, l'anticipation des mécanismes de maintenance, ainsi que l'articulation du projet avec une politique foncière et d'investissement incitative, permettront de transformer la géographie algérienne d'une contrainte logistique en un avantage compétitif durable, au service du développement national, du renforcement de l'intégration continentale et de la consolidation de la souveraineté économique, au bénéfice des générations futures.

 

L'Allocution d'ouverture du Président du Conseil National Économique, Social et Environnemental, le Professeur Mohamed Boukhari  
 

Vidéo spécial « Projet du siècle : la ligne ferroviaire Alger – Tamanrasset »
 

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